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Le malaise infirmier en chiffres

12/11/2020

Un manque criant de personnel

Les revendications étaient dans l’air depuis des années. La crise du coronavirus a eu le bénéfice de leur donner encore plus de visibilité. Aujourd’hui, en moyenne, un infirmier s’occupe de 9,4 patients par jour. 18 même pendant la nuit. Avec toutes les conséquences que cela peut avoir en termes de fatigue du personnel soignant et de prise en charge des malades. On est en effet au-delà de la norme de sécurité internationale fixée à 8 patients journaliers.

Des tâches qui dépassent le champ des attributions

Comme si l’augmentation du nombre de patients ne suffisait pas à faire exploser leur charge de travail, les infirmiers passent aussi une partie croissante de leur temps à faire autre chose que prodiguer des soins. A peine plus de deux tiers de leur temps de travail y est maintenant consacré, le reste étant dévolu à de l’administratif, voire même à des tâches qui devraient être accomplies par d’autres professionnels, et pour lesquelles ils sont manifestement surqualifiés. Servir les repas par exemple, ou véhiculer des malades. Une situation qui n’est évidemment pas sans conséquence.

Une prise en charge des patients de moindre qualité

Premières personnes à pâtir de cette surcharge de travail : les malades évidemment. Les journées ne sont pas extensibles malheureusement. Résultat, 7 infirmiers sur 10 estiment ne plus être en mesure de réconforter leurs patients voire, pour 1 sur 2, de leur transmettre les informations pertinentes relatives à leur santé. Un constat particulièrement inquiétant et stressant à l’heure où les visites sont fortement restreintes dans les hôpitaux et que le niveau d’anxiété est à son comble. Et les patients ne sont pas les seules victimes de cette situation. Loin de là.

Une profession en souffrance

Les infirmiers eux-mêmes sont à bout de force physique et psychologique. A tel point qu’1 sur 4 n’est pas satisfait de son travail et 1 sur 10 envisage même de quitter cette profession qu’ils ont souvent choisie par passion. L’absentéisme oscille d’ailleurs entre 15 et 20% désormais. Et pour cause, 2 professionnels sur 10 éprouvent une perte d’accomplissement personnel dans leur métier, 1 sur 3 de la déshumanisation même. Des ingrédients explosifs pour nourrir un burn-out, qui menacerait d’ailleurs entre 60 et 70% des infirmiers aujourd’hui…

L’augmentation de la charge de travail, de la cadence, la flexibilité accrue, la polyvalence, ou encore le manque de personnel infirmier ne sont pas viables à terme. Il est donc plus que temps qu’une politique fixant un nombre légal maximum de patients par infirmier soit envisagée et que les moyens nécessaires afin d’améliorer les conditions de travail des infirmiers et la sécurité des soins soient mis en place. Vous souhaitez aider Solidaris à interpeller les pouvoirs politiques sur cette question ? Nous soutenir dans cette démarche et être solidaire ? Signez notre pétition !

Sources : SPF Santé publique, SIZ Nursing, KCE/KUL, Nurse early exit study (NEXT)

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